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-Vous avez un vrai métier, ou vous ne faîtes que pervertir la jeunesse en produisant des œuvres au contenu fallacieux ? Il y a encore quelques jours je pervertissais la jeunesse en produisant des œuvres au contenu fallacieux (du style : "Guide du premier emploi des jeunes", "Guide des initiatives jeunes"...) mais maintenant je ne fais plus que de la bande dessinée. -"Le loup, l’agneau et les chiens de guerre ", c’est votre premier projet, ou le premier qui fut accepté ? C’est notre premier projet ensemble. Pour ma part j’avais auparavant (ou en parallèle) travaillé sur d’autres projets qui ont avorté. Ca fait partie du jeu. Si on veut avoir un jour la chance d’être édité, il ne faut pas hésiter à monter des projets dans des genres et des styles différents et à les confronter au regard des autres. Au début on se prend des claques et ça fait mal. Puis, petit à petit, on évolue : on s’habitue aux claques... L’important est de ne pas craindre l’échec et de trouver en soi les ressources nécessaires pour le surmonter et retourner à sa table de travail. Le fait de mener plusieurs projets de front est un bon moyen pour rester dans une dynamique de création et aide à supporter les coups durs. Et puis, comme rien ne se perd (et que tout se transforme) : certains des projets que j’avais abandonnés se concrétisent maintenant avec d’autres dessinateurs. |
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-L’univers que vous dépeignez obéit, aux départ, aux canons du genre (héroïc fantasy, jeu de rôle) comment avez-vous abordez le genre, tout en évitant les écueils du "déjà vu" ? En fait, on a utilisé le décorum "heroïc fantasy" sans chercher à faire de l’heroïc fantasy. C’était sans doute, au départ, une question de facilité : reprendre les codes de base de cet univers, maintenant connu d’un large public, nous permettait de lancer l’intrigue sans avoir à consacrer des pages et des pages à la présentation du monde dans lequel évoluent nos personnages. Ce qui m’intéressait, c’était de raconter une grande aventure humaine où les personnages avaient plus d’importance que le monde qui les entourait. J’avais en tête des films comme L’Homme qui voulait être roi ou Little Big Man, plus que Le Seigneur des Anneaux (même si j’ai aussi lu la trilogie de Tolkien et pas mal d’autres livres dont l’action se passe dans un univers médiévo-fantastique). Cette histoire est donc au confluent de plusieurs genres (heroïc fantasy, bien sûr, mais aussi western, polar, thriller, politique-fiction, etc.). Je ne sais pas si on évite vraiment le « déjà vu » mais nous allons essayer, au fil des albums, d’affirmer notre originalité. - On sent que vous prenez un malin plaisir à jouer sur les attentes du lecteur. La mise en place basique cède place assez rapidement à une intrigue beaucoup plus touffue (politique, religion, traître..) ; c’est une manière de prendre le lecteur dans vos filets ? C’est parce que moi-même j’aime être mené en bateau. J’aime qu’on me prenne par la main et qu’on m’entraîne dans une histoire dont j’ai du mal à appréhender tous les tenants et aboutissants. J’apprécie tout particulièrement le travail d’Urasawa (Monster, 20th Century Boy...) dans ce domaine. J’aime entrer rapidement dans une histoire, je n’aime pas quand la lecture est laborieuse, que l’intrigue se traîne... Mais j’aime aussi que l’histoire se densifie peu à peu, au fil de la lecture, et que la fin me laisse sur les genoux. C’est ce que nous allons essayer de faire avec Le Loup, l’Agneau et les chiens de guerre. Sans garantie de résultat... |
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