Interview de Régis Hautière (Le loup, l'agneau et les chiens de guerre)

mis en ligne le mardi 10 mai 2005.
 
 

-Vous vous êtes rencontrés à Amiens, vous pouvez nous en dire un peu plus ?

Ca s’est passé au sein d’une association qui s’appelle les AJT du crayon. Elle réunit localement des scénaristes, dessinateurs et coloristes amateurs. Le but de l’asso n’est pas très clairement défini mais son intérêt est de permettre à des auteurs en herbe de soumettre leur projet aux regards critiques des autres.

Comme l’asso n’a pas de local, les rencontres se passent généralement dans un bar.

Après nous être fréquentés, Hardoc et moi, pendant un an, nous avons décidé de faire quelque chose ensemble. Il s’agissait juste au départ de réaliser quelques planches pour exposer sur le stand des AJT lors du festival BD d’Amiens. L’intérêt de cet exercice était de recueillir l’avis de professionnels vis-à-vis de notre travail. Nous avons ensuite retravaillé ces planches (les planches 4, 5 et 6 de l’album) en tenant compte des remarques qui nous avaient été faites et j’ai écrit une ébauche d’histoire. Petit à petit, c’est devenu un projet d’album.

-Quelles sont vos sources d’inspirations et vos influences respectives ? -(pas uniquement en bande dessinée)

Woaw... Difficile de répondre objectivement à cette question. Je crois que tout ce que je lis ou vois m’influence. Depuis quelques années, chaque fois qu’un livre me plaît, même partiellement, j’essaie de comprendre ce qui fait que j’éprouve du plaisir à le lire. A mon sens, c’est le plus sûr moyen d’évoluer : chercher à comprendre ce qu’on aime et pourquoi on l’aime. Mais ça n’a rien d’évident : il est souvent plus difficile de déterminer des raisons objectives au plaisir que l’on prend à lire un livre que d’expliquer pourquoi on ne l’aime pas.

Parmi les derniers bouquins que j’ai lu et aimé je peux citer Père et Fils de Larry Brown, Rackets de Thomas Kelly ou Prières pour la pluie de Denis Lehanne mais il ne sont représentatifs que d’une petite partie de ce que j’aime lire. Tous les genres, a priori, m’intéressent et je ne suis pas attaché à un auteur en particulier. Ceci dit, à bien y réfléchir, les auteurs qui me viennent spontanément à l’esprit (Kundera, Coe, Lodge, Mc Liam Wilson...) sont quasiment tous étrangers. Les auteurs contemporains français que j’ai pu lire ont tendance à m’emmerder. Beaucoup de littérateurs et peu d’écrivains...

- Comment avez-vous trouvez un éditeur ?

Nous avons d’abord envoyé un dossier aux quelques éditeurs qui nous semblaient susceptibles d’être intéressés. Dans le même temps, j’ai découvert en librairie les premiers albums grand format des éditions Paquet. Je leur ai envoyé deux planches et une présentation détaillée de l’histoire par mail (j’avais récupéré l’adresse sur leur site Internet). Quelques semaines plus tard Pierre Paquet nous a appelé pour nous dire que le projet l’intéressait. Nous l’avons rencontré sur Paris, nous avons sympathisé et voilà...

Illustrations : © Paquet/Hautiere/Hardoc