One-shot
Le tableau des Avis d’octobre 2006
 
Couverture de Hemingway

Hemingway

BD européenne chroniquée par Lapingue le mercredi 7 décembre 2005.
 
Scénario : Jason
Dessin : Jason
Couleurs : Hubert
Editeur : Carabas
Genre : Chronique sociale - Quotidien ; Thèmes associés : France - Paris - XXème siècle
logo BDovore Date de publication : novembre 2005

 
Résumé : Dans un Paris des années 20, on suit le "quotidien d’artiste" d’Ernest Hemingway, James Joyce, Scott Fitzgerald et Ezra Pound, des dessinateurs de bandes dessinées.
La tête de Lapingue
Tête de sorcière : Bonheur

Impressions de lecture :

Petit à petit, Jason fait son trou et se fait connaitre. Est-il encore nécessaire de rappeler que cet auteur norvégien a déjà signé plusieurs one-shot géniaux : Attends, Chhht, Dis moi quelque chose. Si vous n’avez jamais rien lu de lui, je crois qu’il est urgent de rattraper votre retard !

Tout comme Je vais te montrer quelque chose son dernier album paru en France, Hemingway est édité par les éditions Carabas. En 2004 Je vais te montrer quelque chose marquait un virage dans la production de Jason. C’était son premier 48 pages grand format cartonné et en couleurs. Ces changements ont eu lieu uniquement pour pouvoir toucher un public plus large et du même coup permettre à l’auteur de vivre de ses bandes dessinées... Jason avait même pour l’occasion délaissé son habituel gaufrier. Il s’est empressé d’y revenir, en passant de six à neuf cases cependant.

Extrait Jason - Hemingway - Carabas
Le dessin de Jason est simple et efficace. Il a peu de signes distinctifs caractéristiques pour décrire les visages, cela nuirait à l’identification. Les personnages, des animaux humanisés, sont loin d’avoir le réalisme de ceux de Blacksad. Ils lorgnent plus du côté de Lewis Trondheim et Jason ne cache pas cette influence d’ailleurs. (Quelqu’un a vu le clin d’oeil de Jason à Trondheim ?) Les yeux sont sans aucun doute ce qui m’a déstabilisé le plus au premier abord. Ce sont deux grands cercles blancs, vides de toute expression. Et c’est extrêmement efficace pour y mettre ce que l’on veut dedans !

Dans Hemingway, l’histoire se met doucement en place sur une grosse moitié de l’album. Une atmosphère est créée, les caractères des personnages sont façonnés. Les grands écrivains qu’on connait (Hemingway, Joyce, Pound, Fitzgerald...), sont ici des dessinateurs de bd. Ce mélange de fiction-réalité est assez surprenant. Les faits historiques sont mêlés aux inventions de l’auteur. Mais ça fait mouche, on ne peut éviter le parallèle entre les écrivains talentueux vivotant tant bien que mal dans le Paris des années 20 et galérant pour publier une histoire et la génération actuelle de dessinateurs de bd qui vivent les mêmes problèmes. Puis brutalement (trop ?), le récit bascule dans l’action. La tragédie. Cette seconde partie, de part son style de narration, m’a un peu moins convaincu. A la manière de Peeters dans Constellation, Jason dessine le même évènement vu par plusieurs personnes. Il s’en tire très bien mais le sentiment de déjà vu et la rupture avec la première partie de l’histoire font que je suis un peu déçu.

Extrait Jason - Hemingway - Carabas
Mais heureusement que Jason attache toujours beaucoup d’attention à la fin de ses histoires car la dernière page suffit à laisser un excellent souvenir d’Hemingway. Ouf, Jason a toujours autant de talent pour raconter des histoires. Même s’il fait passer moins de sentiments qu’à son habitude et que cette histoire compte moins de scènes fortes que ses bds précedentes, Hemingway est vraiment à découvrir !

Pour ma part, je vais me jeter sur Paris est une fête d’Hemingway !

Un article pour aller plus loin avec cet album dans la rubrique Echo des bulles : De Mjau Mjau à la reconnaissance internationale ?

Vous pourrez accéder au site de Jason en cliquant ici

Vous pourrez trouver sur ce site une bonne interview de Jason que j’aurais rêver de faire... Pas bavard le bougre !

Couverture (et extraits) : © Carabas/Jason
Catégorie "BD européenne"